Mise à jour 01.26 P. Foucart
L’allergie à l’arachide est relativement fréquente, de même que celle à la noisette ; la majorité des réactions se limitent à un syndrome oral, mais une minorité de cas se traduisent en réactions systémiques dangereuses.
Ces réactions relèvent en fait de sensibilisations à 3 types de protéines présentant des significations très différentes, et ceci concerne, quoique moins fréquemment, tous les fruits à coque, et à noyaux, graines, et légumineuses diverses.
Les PR10 (pathogenesis related) : protéines de transport de stéroïdes ; sensibles à la chaleur et aux enzymes digestifs ; donc pas de problème avec les aliments cuits, ni risque systémique (sauf taux d’IgE élevés contre la PR10 du soja) ; la sensibilisation est induite par le pollen de bouleau, et donc de loin la plus fréquente
Les LTP (lipid transfert protein) : concentrées dans les graines (leur permettent de résister l’hiver aux moisissures extérieures) ; stables à la chaleur et à la digestion, donc
susceptibles de résorption intestinale avec signes généraux, et risque persistant après traitement thermique (ex. pâtes à tartiner aux noisettes … nombreuses préparations de
l’agro-alimentaire renfermant de l’arachide …) ; cette sensibilisation est plus rare, mais en croissance, car elle relève, au moins en partie, de l’exposition alvéolaire à la fumée de la résine (de la graine) de cannabis (l’allergène majeur Can s3 est une LTP)
Les protéines de stockage : stables à la chaleur et à la digestion ; les plus susceptibles de provoquer des réactions sévères ; la sensibilisation est (heureusement) la plus rare.
Principaux tests disponibles (dosages d’IgE spécifiques) : -liste non exhaustive
| arachide | noisette | noix | soja | pêche (noyau) | |
| arachis hypogaea | corylus avellana | juglans regia | glycine max | prunus persica | |
| PR10 | Ara h8 | Cor a1 | Gly m4 | Pru p1 | |
| LTP | Ara h9 | Cor a8 | Jug r3 | Pru p3 | |
| Protéines | Ara h1 , 2, 3, 6 | Cor a9 , 14 | Jug r1 | Gly m5, 6 |
-les PR10 présentent des réactivités croisées importantes dans de nombreuses familles
-les LTP ont aussi des homologies de structure suffisantes pour présenter un risque avec pains, pâtes, pizza.. et un test suffit pour identifier ces 2 types de sensibilisation
-les protéines de stockage ont une réactivité croisée limitée aux espèces apparentées,
(par exemple, pas entre arachide et fruits à coque) ; si l’on considère que des patients allergiques sont parfois monosensibilisés à ces protéines et que les extraits totaux en contiennent très peu, on mesure le risque de faux négatifs associé à l’usage de ces derniers, que ce soit dans les tests de labo ou dans les tests cutanés ; et on voit la nécessité d’utiliser tous les tests moléculaires en cas d‘anamnèse évocatrice.