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LE CADMIUM

METAUX LOURDS : LE CADMIUM (Cd)
Eu égard à sa concentration dans les milieux biologiques, ce métal est un oligo-élément : mais cette appellation désigne traditionnellement des éléments bénéfiques pour la vie. Or la mauvaise réputation du cadmium (Cd) en tant que toxique rénal n’est plus à faire : il rejoint les métaux lourds Hg, Pb, As. Alors que la pollution par le plomb n’a jamais été aussi basse depuis l’antiquité, la présence croissante de Cd dans les aliments est préoccupante.


Toxicité du Cd
L’exposition prolongée, même à faible dose aboutit à des atteintes rénales (surtout tubulaires) pouvant aller jusqu’à l’insuffisance rénale. Par ailleurs, ce cation divalent ayant un rayon ionique identique à celui du calcium, peut se substituer à celui-ci dans l’hydroxyapatite, fragilisant ainsi la trame osseuse ; d’où les risques accrus d’ostéoporose notamment. D’autres effets indésirables ont été identifiés sur le système cardio-vasculaire et le neuro-développement. Dès 1993 Cd était classé en groupe 1 des cancérogènes vu le lien avéré avec le cancer du poumon, en cas d’inhalation, et plus récemment, en France, il est soupçonné
de contribuer à la hausse de l’incidence du cancer du pancréas. Il est inscrit en groupe 2 de la classification européenne CLP pour ses effets sur la fertilité et le développement foetal. Il y a sans nul doute consensus scientifique sur l’extrême toxicité du Cd via le stress oxydatif, mise en évidence dans de nombreuses études.


La contamination par Cd
Mise à part l’exposition professionnelle, principalement respiratoire, la contamination de la population vient de l’alimentation.
La toxicité résultant d’une accumulation à long terme, et la source étant essentiellement alimentaire, il en résulte une panoplie de règles.
Pour la HAS () si Cd dans le sol de la résidence est >0,5mg/kg de matière sèche, la population doit être controlée quant à sa charge corporelle en Cd (voir normes cadmiurie ci-dessous) L’EFSA () a défini une dose hebdomadaire tolérable de 2,5mcg/kg poids corporel, ainsi que des teneurs maximales au niveau européen pour les céréales, légumes, viandes, poissons, compléments alimentaires, le sel. Or une part significative des européens dépasse cette dose acceptable. La situation est préoccupante en France où l’on parle de bombe sanitaire. Selon l’Anse () le problème résulte du choix des engrais phosphatés en agriculture ; ceux-ci principalement importés d’Afrique du nord, sont riches en Cd (jusqu’à 100mg/kg) La contamination aboutit dans les aliments du quotidien, en particulier les céréales, dont les flocons du petit déjeuner des enfants ! Des études indiquant une corrélation entre ces habitudes de consommation et les taux de Cd chez les enfants ont fait grand bruit. Cadmiurie et cadmiémie La mesure du taux sanguin renseigne sur la contamination récente, alors que l’analyse urinaire évalue mieux l’exposition chronique. Chez nos voisins français, 2 études nationales ENNS 2006-2007 et Esteban 2014-16 font apparaître un doublement en 10 ans du taux de contamination moyen : 0,29 à 0,57 mcg/g créat. Actuellement selon Esteban 48 % de la population dépasse le seuil d’alerte fixé à 0,5 mcg/g, taux 2 à 3 x plus élevé que dans un pays voisin comme l’Italie. Plus inquiétant le fait que les niveaux de contamination des enfants de 6 à 10 ans soient supérieurs à ceux des enfants plus âgés. Pour la HAS, la charge corporelle en Cd est à considérer comme trop élevée, en fonction de l’âge, si deux dosages urinaires à quelques semaines d’intervalle indiquent une concentration supérieure à : 0,3 mcg/g créat pour les moins de 30 ans, 0,5 entre 30 et 40, 0,8 entre 40 et 50 ans et 1,0 après 50 ans. Dans ces cas, on doit identifier l’origine de la contamination, surveiller la fonction rénale, la densité osseuse, et on corrigera tout déficit en Fer et Zn, qui favorise l’absorption du Cd.

() HAS = Haute autorité de la santé () EFSA = Autorité européenne de sécurité des aliments – () Anses = Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (France) – INAMI : 547190 dosage d’un métal lourd