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Supports scientifiques

 

ALLERGIE AUX POISSONS

L’allergie aux poissons est l’une des allergies alimentaires les plus dangereuses ;  souvent méconnue, elle peut causer des réactions mortelles ; elle  concerne environ 1 % de la population. Le taux d’IgE n’étant pas corrélé au niveau de risque, il importe de ne pas rater des valeurs faibles ; ce qui est le cas si l’on teste la  mixture FX5 (sensibilité réduite d’un facteur 5 par dilution) Or cette allergie présente une particularité qui en fait une épée de Damoclès ; certains patients (env. 10%) présentent une sensibilité extrême pouvant se manifester lors de l’exposition à des doses infimes de protéines allergisantes : vapeurs de cuisson, air d’une poissonnerie, vaisselle mal lavée…

Les poissons dans l’alimentation

La place du poisson dans l’alimentation est très variable selon les régions, mais c’est une ressource nutritionnelle de premier plan. Par ailleurs le poisson est présent dans de nombreuses recettes y compris sous forme de produits dérivés de type surimi, mais aussi hydrolysats comme rehausseurs de goût, la peau source de gélatines, le sperme pour les protamines, le foie pour son huile …

Les allergènes

Le problème est complexe.  Les parvalbumines sont les allergènes les mieux connus.

On notera que le contenu en cet allergène est variable d’une espèce de poisson à l’autre, et que l’homologie entre les parvalbumines est relativement faible : par exemple 65 % d’identité entre deux espèces de morue.

Il existe d’autres protéines  IgE réactives, mais très peu sont caractérisées, à part le collagène de thon.

Environ la moitié des patients  allergiques à une espèce de poisson sont à risque de réagir à d’autres par réactivité croisée entre parvalbumines. Mais l’allergie à une espèce isolée de poisson est aussi possible.

Les parvalbumines sont thermostables, cependant l’appertisation pourrait réduire l’IgE réactivité, ce qui expliquerait la tolérance pour le thon en boites chez certains enfants.

Il n’y a pas de réactivité croisée entre les allergènes des poissons et ceux des crustacés et des mollusques.

Diagnostic d’une allergie aux poissons

Il s’agit d’un diagnostic important : un faux négatif revient à ignorer un risque mortel.

Un faux positif expose au port contraignant d’un dispositif EpiPen par un patient inutilement stressé.

Une première difficulté est d’éliminer une intoxication à l’histamine (*) à envisager en cas de consommation de poisson plus très frais ; la prolifération microbienne peut rapidement multiplier par 1000 la concentration en histamine de la chair du poisson (décarboxylation de l’histidine) : le tableau clinique est alors tout à fait celui d’une allergie de type I,  jusqu’à l’anaphylaxie, alors qu’il n’y a pas la moindre implication immunologique.

Un test de provocation par voie orale  est à écarter pour sa dangerosité.

Les tests cutanés sont préparés avec des produits crus non standardisés.

Tests in vitro : dosages d’ IgE spécifiques

  • basés sur des extraits : une vingtaine d’espèces disponibles, ces tests sont utiles dans la mesure où les parvalbumines ne sont pas les seuls allergènes potentiels ; et on se souviendra que la valeur du résultat n’est pas prédictive de la réaction clinique
  • basés sur des allergènes moléculaires : sachant que parvalbumine de carpe rCyp c1 et de morue rGad c1 ont une identité de séquence de 68 %, il  est utile de tester les deux à la fois, un test négatif pour l’un peut être positif pour l’autre, et inversément.

En résumé, on peut dire qu’il est utile de faire appel aux deux tests moléculaires disponibles ainsi qu’à  l’extrait total désigné par la clinique ; ne se référer en aucun cas à un test de mixture aliments négatif.

Oeufs de poissons

Quelques cas d’allergie ont été rapportés, qui semblent indépendants de l’allergie aux poissons, les allergènes impliqués étant des vitellogénines (pas de réactivité croisée avec le jaune d’oeuf)

(*) voir sur le site du labo : Pseudo-allergie alimentaire : intolérance à l’histamine, en Supports Scientifiques

 sources : AllerData