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PTT  pièges et difficultés d’interprétation

Un des plus vieux tests de labo encore en usage (Armand Quick 1937) –après la VS (1894 !) et l’un de ceux qui suscitent le plus de questions, contestations … : le temps de prothrombine (PTT), qui explore la voie de coagulation dite extrinsèque impliquant successivement les facteurs VII, X, V, II, carboxylés au niveau du foie en présence de vitamine K

Les utilisations cliniques sont donc :

  • test d’hémostase : déficience génétique en un facteur  (rare)
  • test d’insuffisance hépatique : sensible, pas spécifique
  • suivi thérapeutique des traitements anti-vitamine K (AVK) : utilisation la plus fréquente

Problèmes ?

  • au niveau analytique :

Plasma citraté du patient (décalcifié) + calcium + thromboplastine -> (chrono) caillot > résultat = temps de coagulation du patient / tps coagulation d’un plasma témoin (en %)

La variabilité inhérente aux différentes thromboplastines (selon les lots, les labos…) a été corrigée par l’introduction de l’INR  (International Normalized Ratio)

Les producteurs calibrent leur thromboplastine sur un étalon international  >facteur correctif

  • ce facteur ISI (Indice de Sensibilité International) est affiché sur chaque thromboplastine
  • calcul au labo :   INR = (tps patient / tps témoin) exposant ISI
  • cette expression supprime ainsi  la variabilité due aux diverses thromboplastines

Les techniques actuelles permettent donc de fournir des résultats très reproductibles et des suivis fiables, quel que soit le labo, à condition de se référer à l’INR exclusivement !

  • au niveau pré-analytique :
    • contamination par de la thromboplastine tissulaire lors de la phlébotomie : éviter de prélever le tube d’hémostase en premier ; généralement, peu d’incidence
    • délais avant l’analyse : incidence peu significative pour un suivi AVK, si moins de 24h. à  température ambiante ; plus significatif pour un suivi hépatique (sensibilité du facteur V)
    • exposition au froid (frigo, boites aux lettres en hiver) : risque d’activation du facteur VII  
    • tube mal rempli (souvent en raison de la péremption) : le citrate est trop concentré, donc la coagulation se fait difficilement, voire pas du tout ; l’INR est déjà en excès pour un défaut de remplissage de l’ordre de 10%, un tube à demi rempli est généralement incoagulable …
  • au niveau du patient :

 Difficulté d’obtention d’un niveau thérapeutique (INR entre 2 et 3) :

La réponse thérapeutique aux AVK (quelle que soit la molécule utilisée) peut varier dans un rapport de 1 à 20, (ce qui explique la nécessité d’un contrôle) et ce pour des raisons essentiellement génétiques (3 gênes identifiés) ; elle peut aller jusqu’à  complète résistance.

Variations inattendues (chez un patient équilibré) :

  • survenue d’une insuffisance hépatique, ou thyroïdienne
  • épisode diarrhéique : le microbiote produit 70% de la vitamine K  (antibiothérapie ?)
  • changements alimentaires : la teneur des aliments en vitamine K varie de 1 à 10.000
  • médicaments : peuvent déplacer les AVK de leur liaison (>95%) à l’albumine
  • mauvaise compliance thérapeutique (oubli fréquent, surtout chez les personnes âgées)